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B) Les voyages lointains

Un vol A/R à 7 000 km, ce sont au total 14 000 km, et approximativement le budget cible de 2 tonnes annuel CO2 pour une personne en 2050 (je simplifie un peu là).

Quelques distances entre deux villes à mettre en regard : Paris - New-York = 5 800 km ; Paris - Pointe-à-Pitre = 6 700 km ; Paris - La Réunion = 9 400 km ; Paris - Tokyo = 9 700 km ; Paris - Buenos-Aires = 11 200 km.

J'ai beaucoup apprécié voyager... à titre personnel, et professionnel. J'ai visité de nombreux pays, et développé une filiale d'Ecobilan au Japon. Les rencontres que j'ai faites m'ont fait grandir... A peu près au moment où j'ai créé Solinnen (en 2010), j'ai passé un cap, un mix d'apprentissage et de prise de conscience, à mon niveau... d'où l'arrêt de mes voyages en avion à titre personnel et la minimisation de mes voyages professionnels. Il reste surtout mes voyages en avion (ou train quand c'est possible) pour mes contributions à la Normalisation ISO, où j'essaye aussi de prendre quelques jours du congés sur place.

La mise à jour de mon site Web me paraissait une montagne, sans compter ma réticence première à abandonner le contenu de mon précédent site Web dont j'avais rédigé chaque mot afin de partager mes expériences. Mais ce n'est plus un exemple que je souhaite donner aujourd'hui. Et pourtant, j'ai toujours envie de connaître d'autres pays. Je ferai cela autrement. J'ajuste ma route vers ce qui me semble le mieux, et c'est loin d'être fini !

1) Les voyages en avion ne devraient être qu'exceptionnels, que ce soit à titre personnel ou encore pour le boulot. C'est majeur : par exemple, mes 2 vols annuels pour le travail sont l'essentiel de l'empreinte environnementale multicritères agrégée de mon entreprise Solinnen sur un an, "tout compris" (nous sommes 10 !).

Les vols sur Flight Radars 24

De fait, le "changement" ne viendra pas uniquement par des actions individuelles... mais là est sans doute une action individuelle "facile" à mettre en œuvre et très impactante - un seul A/R à 7 000 km, c'est 1/4 de l'empreinte carbone moyenne d'un(e) français(e) ! Quand je lis les prévisions / ambitions de développement du transport aérien, je frémis.

2) Je n'ai pas de voiture car je n'en ai pas besoin de façon générale. Je loue une voiture quand j'en ai besoin, de façon ponctuelle. Je travaille aussi à manger moins de viande (une seconde action individuelle qui compte)... C'est moins simple, mais je suis motivé par quelques-unes de mes amies et collègues - depuis de nombreuses années, j'ai déjà passé le cap de ne plus manger de la viande à chaque repas (le soir donc), et de ne manger de la viande de bœuf qu'une fois par semaine, de fait beaucoup moins.

Au delà de ces actions individuelles super simples que j'ai mises en œuvre à l'apparition du premier outil de quantification d'empreinte du WWF et que chacun peut encore aujourd'hui mettre en œuvre a minima, je considère important, dans tout ce que je fais à titre individuel, de réfléchir à la minimisation de mes impacts, et à la maximisation de mon effet de levier (e.g. faire isoler ma résidence de 126 logements en utilisant les Certificats d'Economie d'Energie - CEE, au sein de mon conseil syndical - isolation à coût nul pour nous. Confort d'été largement amélioré pour les habitants du dernier étage !).

Grâce à la taxonomie verte, et plus spécifiquement à la professionnalisation des portes-feuilles d'investissement verts, j'ai d'abord ouvert un compte Helios, et je suis en train de prendre une assurance vie avec une forte composante verte... Etre cohérent, le plus possible - même si je sais bien qu'il n'est pas possible d'être "parfait", je cherche à limiter mes incohérences... d'autant plus que l'endroit où l'on place notre argent est clef en matière d'impacts environnementaux.

3) A 130 gr/km en moyenne pour une voiture neuve, cette voiture émet 2 tonnes de CO2 en 15 400 km, soit là encore le budget annuel CO2 d'une personne. Un(e) français(e) roule approximativement entre 12 000 et 15 000 km/an avec sa voiture (pas forcément seul(e) !)...

Les émissions de CO2 de 1 000 km en voiture d'une personne seule, et de 1 000 km en classe économique de cette personne dans un avion plein de passagers sont du même ordre de grandeur. Ainsi, seul(e), entre voiture et avion plein sur la même distance, c'est très proche, plutôt en faveur de l'avion plein d'ailleurs (4 L / 100 km / passager éco quand l'avion de ligne moderne est plein) ! Bien sûr, quand on part à 4 dans une seule voiture plutôt que seul(e) (e.g. covoiturage), sur la même distance, c'est mieux que 4 personnes en avion.

En revanche, un train "plein de passagers" est beaucoup moins émetteur "par personne", c'est à dire 56 fois mieux que l'avion plein de passager par personne. C'est la même conclusion entre seul(e) en voiture vs. seul(e) dans un train plein de passagers. Par rapport à une voiture à 4, le train reste tout de même 14 (=56/4) fois mieux !

De fait, pour l'avion (comme pour la voiture), le problème vient surtout de la distance ! L'avion est utilisé pour aller (très) loin, bien sûr ! Tant que vous pouvez prendre le train à la place, seul(e) ou accompagné(e), autant le faire.

La dimension financière est souvent évoquée... Bien sûr. L'avion (low cost) est moins cher "que tout". Très peu d'infrastructures à construire (les aéroports), pas de taxation du kérosène... et pas "d'intégration d'externalités très significatives". Alors oui, cela questionne les choix politiques. Souhaite-t-on que chacun(e) puisse (financièrement) aller en Guadeloupe depuis la métropole en congés voir sa famille chaque année ? Souhaite-t-on continuer à développer un fleuron industriel français et européen ?

La (petite) contribution de la France aux problèmes du monde est aussi un argument qu'on entend souvent... "nous sommes (en France) petits en termes d'impacts, les autres doivent faire l'effort avant nous". Cet argument est déclinable à l'individu vs. le reste de l'humanité. A ce propos, Bon Pote fournit une liste d'arguments (cf. Excuse 4) et contre-arguments que je vous invite à lire !

4) Apprendre des autres, apprendre à se connaître, développer du courage, savoir faire confiance, s'ouvrir aux autres et aimer - ne nécessitent pas forcément d'aller loin rapidement en avion et souvent !

5) Lire, échanger avec les personnes d'autres pays (en présence ou à distance), partager les expériences... est une autre façon de connaître des pays et des cultures.

6) Anecdotes partagées. J'ajouterai ici quelques retours d'expériences utiles, dont certaines utiles lors de vos ballades à pied à deux pas de chez vous !

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