Los Llanos - Venezuela

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  1. De Mérida au Rio Guaritico
  2. Pêche aux pirañas
  3. Recherche d'un caïman et d'un anaconda
  4. Promenade en bâteau
  5. Ballade à cheval
  6. Retour sur Mérida

Retour en haut de page De Mérida au campement sur le rio Guaritico

Le tour pour Los Llanos s'organise à partir de Mérida. On est parti en Jeep à 5 (on peut être trois de plus sans problème) et on se rend par delà les montagnes, en passant par Barinas, jusqu'au campement au milieu de la plaine humide. Après 12 h de route, et quelques achats (viande, boisson et glace - on apporte tout ce que l'on va manger), on trouve un hamac dans une petite pièce que l'on partage avec tous les autres membres du groupe, et un repas se prépare dans la pièce commune.



Notre guide s'appelait Diana, était une femme née au Venezuela de parents américains, et possédait un grand style, très pro. En age d'être grand-mère, elle maniait sa Toyota d'une main de fer, et connaissant tout sur le pays et ses habitants. Elle nous a présenté le tour durant le trajet (pèche aux pirañas, capture d'animaux sauvages, ballade en bateau, puis à Cheval), et l'on s'est arrêté à la Laguna Mucubaji... Plus tard, nous avons mangé du boeuf grillé "à volonté", à Barinitas, avec un peu de Yuca.

J'étais dans un petit groupe, avec un couple d'espagnols (Isabel et Jordi) et un couple d'allemands. Cela faisait un groupe très sympathique, calme et respectueux. La nuit, pour le confort, j'ai réalisé sur le hamac un montage avec ma moustiquaire de lit rectangulaire, montage que j'ai réitéré en Amazonie : après avoir passé une corde au plafond, j'attache la moustiquaire à cette corde, puis, en diagonale, je passe une sangle aux extrémités sur les cordes de support du hamac. Je vous recommande ce montage pour éviter que les moustiques ne vous agressent la nuit - évitez aussi la proximité des petites mares d'eau stagnante aux pieds des lavabos.

Montage simple d'une moustiquaire sur un hammac

Retour en haut de page Pèche aux pirañas

Les deux jours sur place ont été très agréables. On se promenait en Jeep, lentement, montant sur une planche installée sur le toit de temps en temps pour admirer le paysage. La plaine était plate, avec de nombreux oiseaux colorés, des vaches et des champs inondés. C'était calme, on se sentait seul... très agréable. Miguel, le guide local, discutait avec nous quand nous étions sur le toit.

La première demi-journée était consacrée à la pèche aux pirañas. Miguel a failli, en plus, capturer un caïman, et nous avons vu des capivaras, genre de gros rats de 100 kg. La pêche aux pirañas est facile a mettre en oeuvre : on met un petit bout de poulet au bout d'un hameçon en métal. Le hameçon est attaché au bout d'un fil de pêche : on fait tourner le hameçon avec son bout de poulet au bout de 40 cm de fil de pêche, et on lance le tout vers l'eau. On ramène doucement le hameçon, et on donne des petits coups pour capturer un des pirañas qui dévore le poulet au bout du hameçon. On n'attrape pas souvent un piraña, mais quasiment toujours le poulet est dévoré. Le soir, on a mangé nos pirañas grillés, le goût était fin, mais il n'y avait pas beaucoup de chair à manger !

Voici une anecdote étonnante. Pour la pêche, on devait traverser un bras immergé. J'ai fait le tour, pour prendre une photo, et trouver un coin où passer avec mes chaussures sans que l'eau passe au dessus. L'espagnol a traversé directement, pieds nus... et il n'a pas emporté ses chaussures, laissées de l'autre côté. Très rapidement, de petites fourmis ont commencé à lui dévorer les pieds, c'était douloureux ! Il est vite retourné chercher ses chaussures ! C'est bon à savoir : ayez toujours une paire de chaussures à portée de main !

Retour en haut de page Recherche d'un caïman et d'un anaconda

Los Llanos est une zone humide avec beaucoup d'animaux, notamment un nombre d'espèces d'oiseaux impressionnant ainsi que de nombreux poissons. Il y a aussi des animaux moins légers : des vaches et des buffles, des capivaras... des caïmans et des anacondas. Le tour proposait d'aller attraper un caïman et un anaconda, et de voir des dauphins d'eau douce. J'ai ironisé quand Pablo m'en a parlé : "ah, bon, et il y a un gars qui lâche les animaux quand les touristes arrivent pour que l'on puisse les voir ?". J'avais tord... tous ces animaux sont en liberté, plutôt craintifs vis à vis de l'homme, et ce n'est pas simple de les attraper, même avec de bon guides comme ceux que l'on a eu, Miguel et son père.

Il y a des caïmans un peu partout, on en avait vu beaucoup traverser la route le soir en arrivant, à la lumière des phares de la Jeep. C'est un animal plutôt petit, de 1,5 m à sa taille adulte. Ils sont légers, vifs, et ont très peur de l'homme. Nos deux guides, après une petite heure de traque en Jeep, sont allés en chercher un, avec un bâton en bois fourchu. Une fois le V du bâton posé derrière le cou de la bête, il leur était facile de passer un petit lacet sur le museau de l'animal, et ensuite de nous l'apporter. Alors j'ai tendu les bras et, tel un gros bébé de 10 kg, j'ai porté le caïman. Les guides nous ont montré le jeu des lentilles de vue de l'animal, qui se mettent en place dès que l'animal plonge.

L'anaconda a été plus long à trouver. Nous avons fait une pause dans une finca du coin, discuté un peu avec les gens du coin, puis nous sommes repartis. Virages, routes boueuses, pluie, le soleil commençait à se coucher, et nous ne voyons toujours pas d'anaconda. Et nos guides ont vu la trace d'un anaconda, une grosse ornière dans le champ. Ils l'on suivi, à deux, faisant le tour du lac chacun de son côté. Tout d'un coup, ils se sont mis à crier "Ayuda !!!". Ils étaient de l'autre côté du lac, tirant sur quelque chose. Après quelques secondes d'hésitation, et de nouveaux "Ayuda !!!", les deux allemands, l'espagnol, Diana et moi y sommes allés. C'était la queue de l'animal qu'ils tenaient. Après être passé sous les barbelés, avoir traversé la boue, et fait le tour du lac, nous avons empoigné la queue et l'un des guides a coupé la touffe d'herbe autour de laquelle l'anaconda s'était enroulé. Alors nous avons tiré la queue... je pensais voir une bête de 3m, en tous cas c'est ce qu'ils nous avaient dit (taille classique).

L'anaconda est venu, venu, nous tirions vers l'arrière; et il venait encore. C'est ainsi que son corps est devenu de plus en plus gros, jusqu'à 50 cm de diamètre, et il faisait 7 m de long ! Quand sa tête est sortie de l'eau, il a levé le cou, prêt à sauter sur le guide (le père) qui voulait lui mettre son pied derrière la tête. Une espèce de danse a suivi, tête de l'anaconda contre pied du guide... c'est le guide qui a gagné, et a attrapé la tête de l'anaconda entre ses mains. Dès lors, l'anaconda n'a plus bougé, et s'est laissé porté. Nous l'avons tous porté, il faisait presque 200 kg d'après le guide, et il m'a mis au plus gros de la bête. J'ai senti des os craquer, ce que j'ai fait remarquer, je ne voulais pas blesser l'anaconda. Le guide m'a dit avec un grand sourire que "non, les serpents n'ont pas d'os ! C'était sûrement les os de la proie que l'anaconda venait juste de manger qui craquaient comme cela !".

Attraper un Anaconda

Je n'avais pas mon appareil photo, mais l'allemande avait le sien, et en a pris pas mal. De même, l'espagnol avait passé son appareil à l'allemande et ainsi il en a eu aussi. Maintenant, j'attends avec impatience que l'un des deux couples m'envoie une photo ou plus histoire que j'alimente cette page, et surtout que j'ai un souvenir visuel de cette prise. Nous avons relâché l'anaconda dans l'eau, et nous sommes rentrés jusqu'à la Jeep. L'animal nous regardait partir en courant. Nous étions couverts de son odeur forte. Nous avons passé un peu d'eau claire sur nos mains et nos jambes, totalement boueuses. J'étais heureux... je n'ai jamais aimé croiser un serpent lors de mes randonnées, et là pas de problème : l'action m'a fait oublier tout cela, et j'ai apprécié !

La seule photo que j'ai de l'anaconda, celle prise par Isabel et Jordi : merci à eux !!!

Plus tard, le guide nous a racconté que les jeunes du coin ont tous un couteau dès qu'ils sont en age de se promener seuls. En effet, l'anaconda n'a aucun moyen de se défendre contre une lame, et donc s'en va dès qu'il est coupé. Il y a tellement de ces animaux qu'il faut se méfier. Ils sont capables de tuer un boeuf, de le broyer ensuite et le réduire, avec ses os broyés, à l'état d'une vulgaire saucisse qu'ils gobent et digèrent pendant des mois. Cependant, comme le souligne un agriculteur du coin, c'est une chance d'en avoir un des son champ, car un anaconda, avec la trace de son passage, créé un réseau d'irrigation fort bienvenu en saison sèche.

Retour en haut de page Promenade en bateau

Après l'anaconda, moment très actif, nous nous sentions bien. Le lendemain matin, nous avons pris la Jeep jusqu'à la rivière, et nous nous sommes balladés dans une pirogue de métal, ce qui lui permet de racler le fond sans problème. Le moteur hors bord de 45cc permettait de bien filer sur la rivière et d'être manoeuvrant dans la route d'approche. Il y avait un guide à l'avant pour guider le pilote, et lui éviter les chocs. Quelques branches balaises nous passaient au dessus de la tête et, sous le soleil violent, nous avons fait une promenade de 3 heures fort agréable, sans moustique.

Nous n'avons pas vu beaucoup d'animaux, à part une tortue et des dauphins d'eau douce qui ont joué avec nous, sortant de temps en temps alors que nous avancions. Nous avons entendus pas mal d'oiseaux. Les berges étaient peu visibles, sous l'eau, avec de hautes herbes, de la mousse. C'était très calme, on a croisé qu'une seule autre pirogue. Ce moyen de transport est parfois utilisé par les gens du coin, mais la Jeep est tout de même le plus commun aujourd'hui.

Ballade en pirogue à moteur

Retour en haut de page Ballade à cheval

J'avais prévenu Miguel. Il me fallait un cheval assez fort pour me porter, et je ne suis pas un cavalier très bon, même si j'aime ça. Je lui avait dit aussi que, souvent, les étriers qu'on me donnait étaient trop petits, car j'ai les pieds larges. C'est désagréable d'avoir des étriers trop petits, car cela finit par faire mal aux mollets d'être toujours en appui sur les pointes des pieds. Mon cheval était calme, fort, et les étriers trop petits. J'ai eu un peu mal à l'issue des trois heures de ballade que nous avons faites.

Nous sommes allés nous promener d'abord en zone humide, après avoir pris la route. Rapidement, l'eau montait jusqu'aux genoux du cheval, ce qui nous éclaboussait le pantalon. L'espagnole, qui avait un molet troué par une morsure de chien datant d'avant son départ, a vite précisé qu'elle souhaitait revenir sur la route, ce que nous avons fait. S'en suivi un petit galop jusqu'à la maison du père de Miguel, l'Alcalde du coin, où nous nous sommes posés quelques temps. Il s'est mis à pleuvoir, puis nous sommes revenus vers le campement. Comme nous connaissions le chemin, chacun y est allé à son rythme. J'étais seul, la ballade était agréable, pas de bruit, un soleil couchant sur la plaine que l'on dominait dans le calme. Le pas du cheval était régulier. La descente du cheval fut agréable, la douche aussi.

Plan de la ballade à cheval

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Les discussions du soir étaient sympathiques, entre membres du groupe, avec nos hôtes, et avec les gens du coin, notamment un agriculteur venu passer la nuit dans le campement. La route du retour fut exactement l'inverse de la route aller, avec quelques crochets : on a récupéré le mari de Diana pour le transporter à une ville proche, sur la route. Au passage, trois personnes du coin sont montées dans la Jeep pour aller jusqu'à cette ville. Diana a donc eu une heure côte à côte avec son mari dans la Jeep, et c'est tout. Plus loin, on a laissé les espagnols pour qu'ils prennent un bus vers le Sud, car ils ne voulaient par revenir vers Mérida et se rendre à Ciudad Bolivar directement. Après Barinas, les allemands sont allés faire du raft. Ce n'était pas prévu pour moi, car on ne m'avait pas parlé de cette possibilité avant, et ce n'était pas inclus dans mon tour. Il pleuvait des cordes, d'une pluie froide, et j'ai écrit tranquillement mon journal de voyage, à l'abris, le temps qu'ils descendent la rivière. Cela a pris moins d'une heure au total.

La route vers Mérida était longue encore. Diana était fatiguée, et je discutais avec elle pour la tenir éveillée. La route a commencé le matin vers 6h00 et a finit le soir pour elle à Tabay vers 22h00. Elle nous a payé un taxi à 10 000 B pour rentrer de Tabay sur Mérida - elle évitait ainsi l'aller/retour. Le lendemain, elle repartait à 8h00 de l'agence... Ma réservation à l'hôtel était ok, et j'ai eu ma chambre, me permettant de me doucher, de me reposer... j'étais heureux après le hamac du campement d'avoir un bon lit.

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Voyages et Environnement, le site de Philippe OssetCompteur

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