JAPON en Août 1998 : Fuji

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Vue d'avion... au dessus des nuages

J'ai décidé de faire l'ascension du mont Fuji à l'occasion d'un des mes voyages, car j'avais un WE sur place. J'ai préparé cela en emportant des habits chauds et mes chaussures de marche. Déjà, c'était différent de l'habitude (le costume-cravate), et cela me faisait tout drôle de partir pour le Japon avec un sac de sport en plus.

Je suis parti tout seul de Tokyo un samedi vers 12h00, en prenant le train de Shinjuku, et en me faisant expliquer comment y aller. Je n'ai vraiment pas eu de problème pour le trajet, et je suis arrivé, après deux ou trois changements, à l'une des gares qui se trouve au pied de la montagne. J'étais bien loin du point de départ de la randonnée, et il n'y avait pas de bus pour y aller. Je voyais dans le lointain la montagne, typiquement volcanique de style Hawaïen, c'est à dire une base évasée et un sommet en pointe.

Après avoir attendu un taxi (là aussi, il n'y en avait pas beaucoup), une australienne est arrivée et me proposa de partager un taxi jusqu'aux pieds de la montagne. Elle était en vacances. Nous sommes arrivés après une petite demie-heure sur place, dans une espèce de petite station touristique, avec des boutiques à gogo, et quelques personnes se préparant à monter. Nous étions à 2500 m environ, le sommet étant à 3800 m. J'avais lu que l'ascension est assez rapide, directe, avec peu de chichi. J'étais prêt à passer une nuit sur la montagne, dans un des refuges. J'avais ainsi mon sac de sport, avec quelques affaires dedans.

Nous avons rencontré des écossais, trois jeunes qui nous dirent ne connaître que leurs montagnes natales... (<1000m) forcément, ils étaient déjà plus haut qu'ils n'avaient jamais été. Nous sommes partis. Ils étaient trop rapides (pour moi), et je les ai laissé filer, cherchant à m'économiser, comme au Népal. On dit qu'il est sage de monter une fois le Fuji, mais fou de le faire deux fois, car c'est quand même dur. Plus loin, je les ai rattrapé à une pose, et nous sommes repartis ensemble, car j'appliquais à ce moment mon précepte favori en montagne : moins on s'arrête, moins on fatigue. Ils sont repartis encore très vite, et je les ai laisser filer à nouveau. Peu de temps après, ils refaisaient une nouvelle pause, alors que la montagne commençait à être un peu plus abrupte. Comme je n'étais pas loin, je les ai rattrapé alors qu'ils faisaient encore leur pause, et je les ai dépassé, allant vers le refuge, où je suis finalement arrivé 20 minutes avant eux.

Après cette soirée facile, nous avons pris un repas dans le refuge puis nous nous sommes reposés sur de grands tatamis de 20 m de long et de 2 m de large, les affaires suspendues à des clous au dessus de l'endroit que l'on se choisissait pour dormir. Il y avait peu de monde vers 20h30, et nous nous sommes couchés tôt, car ils voulaient aller voir le lever du soleil sur la montagne, signifiant un départ vers 4h00 du matin. C'était assez confortable... au début. J'étais étonné de ne pas avoir vu beaucoup de monde. En fait, les japonais arrivent tard le soir au point de départ, et rejoignent le refuge vers minuit. Tout d'abord, ils se sont mis sur le grand tatami dans le même sens que nous... puis on a du se serrer, car il n'y avait plus assez de place. On était épaule contre épaule. Puis, à un moment donné, quelqu'un de responsable au refuge a dit "cross sleeping !!!". Cela voulait dire qu'à partir de là, les nouveaux arrivants se sont mis en position inverse de ceux déjà présents, i.e. j'avais les pieds d'un homme dans mes côtes, et sa tête sur mes pieds. J'ai détesté cela. Ce sont les conditions de confort les plus minables que j'ai jamais eu au monde. Mais cela n'a pas duré. Vers 4h00, tout le monde est parti, et je suis resté quasi-seul sur le grand tatami, avec les couvertures et les oreillers pour moi.

autre vue d'avion...

Je me suis levé plus tard et, le sac de sport sous le bras, j'ai continué la montée. Mon sac, qui n'était pas un sac à dos, me génait un peu, car c'est devenu raide. Le chemin, comme beaucoup de choses au Japon, était balisé, encadré par des cordes. Il n'était pas possible de se perdre. Certains montaient avec des VTT pour se faire une bonne descente ensuite. Le ciel était couvert, comme la plupart du temps sur le Fuji, et il n'y avait rien à voir. J'ai croisé les écossais qui avaient réussi le sommet, et l'australienne, qui avait échoué, trop fatiguée. Aucun paysage, aucune végétation, une couleur uniforme noirâtre, des cailloux... peu d'intérêt extérieur, seul un intérêt intérieur reste, i.e. tester sa resistance physique et mentale. L'arrivée est ponctuée de portes de bois dans le plus pur style japonais, qui indiquent le niveau d'élévation où l'on se trouve. Le sommet est plat sur les bords, avec un observatoire d'un côté du cratère, qui est profond et fumant, jaune de soufre. J'étais content d'y être arrivé. Je suis redescendu tout seul, par un autre chemin, dans les cailloux, non balisé, histoire de varier les plaisirs. Revenu au point de départ, j'ai pris un bus local qui m'a emmené à la station de train, juste à l'heure pour prendre le dernier train vers Tokyo. J'étais donc de retour sur Tokyo pour le dimanche soir.

En conclusion, c'est une ascension qui en vaut une autre, assez dure tout de même sur la fin (pendant laquelle, d'ailleurs, un petit vieux rigolo, avec ses chaussures de ninja, m'a souri pour me donner du baume au coeur). Cependant, au Japon, c'est "l'effort" à faire, comme un pèlerinage. Le fait que je l'ai fait provoque chez certains japonais un peu d'envie. De mon côté, j'ai apprécié ainsi un week-end sympathique. Je ne pense pas refaire cette ascension, mais, si l'occasion se présente, pourquoi pas... en prévoyant un sac de couchage, dernier rempart contre les pieds des autres.

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