HONGKONG, Juillet à Septembre 1991

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Vie à Hongkong

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Femme sur un bateau me conduisant

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Retour en haut de page Introduction

La vie à Hongkong, c'est bien sûr, pour un européen, découvrir un pays où il fait 30°C (pas très chaud) et 90% d'humidité (ce qui est très fort) et bien sûr fréquenter des chinois en costume-cravate ou en habit traditionnel dans une densité exceptionnelle. Il y a aussi des immigrés, européens en général (anglais), mais en si petit nombre qu'ils passent presque inaperçus. Je donne au cours du texte des prix en FF. Ce sont des prix de 1991, non revalorisés. De plus, à l'époque, 1 HK$ = 0.8 FF.

Retour en haut de page Mon appartement

Causeway Bay, Photo credit: Hong Kong Tourist AssociationA mon arrivée, je suis allé à l'hôtel. Il se trouvait sur Kowloon. J'ai commencé à travailler, tout en confiant la recherche de l'appartement à l'agence que connaissait BSG. BSG me donnait 6 000 FF par mois pour l'appartement. L'autre stagiaire avait le même budget. On se décida à chercher ensemble, pour augmenter la surface.

Tout d'abord, l'agence nous proposa des appartements vraiment pas bien : pas propres, petits, au bout de la piste de l'aéroport... On a tout refusé après visite et, au bout de 10 jours, on nous proposa un appartement pour deux sur Hongkong (l'île). Le loyer était justement de 12 000 FF (bien sûr, puisqu'ils connaissaient notre budget). Pour ce prix, on avait deux petites chambres, un petit séjour, une petite salle de bain WC et une cuisine toute en longueur, le tout un peu meublé, sur environ 50 m2. L'immeuble était gardé, avec des portes blindées coulissantes devant chaque appartement et des barreaux aux fenêtres.

Retour en haut de page Les expatriés occidentaux

L'atmosphère dans laquelle j'ai vécu pendant cette période fut essentiellement une atmosphère d'expatriés. Mes amis "momentanés" étaient des jeunes de nationalités allemandes, française et anglaises qui travaillaient dans la banque (traders), la vente de produits de luxe, et étaient très bien payés. De mon côté, ce n'était pas mal non plus, puisque j'avais 8 000 FF par mois sur place (et un SMIC en France) (donc, au total, j'avais 8 + 6 + 6 = 20 kFF par mois) ce qui était l'indemnité "normale" d'Air France pour les expatriés (qui semble-t-il fait référence).

Je voyais les autres expatriés le soir, au cours de repas au restaurant, chez les uns ou chez les autres ou encore au cours de soirées en boite de nuit... la vie était "facile". D'un autre côté, lors de mon départ, je n'ai du manquer à personne, et réciproquement. Les relations étaient en fait vraiment superficielles, mis à part celles que j'avais avec les deux expatriés de BSG du chantier.

On peut imaginer qu'en fait on comprend, en tant qu'expatriés, que, vu le peu de temps que l'on va rester ensemble là, il faut très vite lier des liens car, si on s'observe avant (comme on le fait dans la vie "normale" sauf lors de coups de foudres, trop rares...), alors on n'a plus de temps après. Mais ces liens de paille ne tiennent pas.

Retour en haut de page Les chinois

Les chinois que j'ai pu rencontrer sont de deux types. Les jeunes autres assistants sur le chantier et les amis d'autres expatriés que je voyais. Ils étaient plus long a connaître, et, comme ils savaient que j'allais rester seulement trois mois, ils ne s'occupaient pas vraiment de moi. Je me souviens bien d'un des autres assistants sur le chantier, que j'ai invité à une semaine de mon départ dans mon appartement, car je voulais le remercier de son aide pendant mon stage.

Cela s'est très bien passé, et, ensuite, il voulait absolument m'inviter chez lui... mais je n'avais plus de temps. Je me dis aujourd'hui que, la prochaine fois que je m'établis en tant qu'expatrié, j'inviterai indistinctement lors de ma pendaison de crémaillère l'ensemble des personnes avec qui je dois travailler pendant mon séjour, histoire de leur montrer que je veux m'intégrer, chose que je n'ai pas faite à Hongkong (une première expérience...).

Retour en haut de page Se nourrir

La nourriture est très différente en Asie. Pour moi, c'était une grande découverte aussi (les restaurants parisiens chinois sont vraiment trop adaptés à notre goût). Comme je mangeais au début le midi avec les autres personnes du chantier, et que l'on commandait des dim sum (petits plats où tout le monde pioche avec les baguettes), Cuisinier en train de préparer mon repasj'ai du apprendre très vite à me servir de baguettes, si je voulais éviter d'attendre la fin du repas (i.e. que tout le monde soit rassasié) pour manger.

Il y avait aussi de nombreux petits marchés pas chers autours du chantier, fournissant de la nourriture locale. En revanche, près de mon appartement, sur l'île, les petits supermarchés étaient très chers. Mais on y trouvait toute la nourriture pour européens. L'eau que l'on boit à Hongkong est de l'eau qui provient d'eau de mer dessalée, ou de l'eau minérale. J'ai perdu 10 kg en 3 mois (de déshydratation... je les ai récupérés très vite). Pourtant, je buvais de la bière, du thé et du coca pour m'hydrater. Mais cela ne devait pas être assez comparé à la quantité de sueur que je perdais chaque jour.

Nourriture séchée, Photo credit: Hong Kong Tourist Association

Au bout de quelques temps, j'ai fini par me faire des petits papiers avec les noms en chinois des plats que je voulais au restaurant, et la "traduction", i.e. ma description du plat. Je prenais un papier avant d'aller manger... Un dernier souvenir est l'odeur, les odeurs, que l'on peut rencontrer dans les rues de Hongkong. Elles sont spécifiques, mélange d'odeur de poisson (crevettes séchant au soleil), de cuisine etc. qui agresse tout d'abord, et qui, ensuite, permet de caractériser un quartier. C'est un souvenir très fort pour moi.

Retour en haut de page Le monde dans les rues

L'exemple que je prends tout le temps pour décrire le monde dans les rues, est celui des queues sur le trottoir pour rentrer dans le métro... Cela n'arrive jamais, même à Tokyo, de faire la queue à l'extérieur de la station de métro pour rentrer dedans. Surtout quand on sait que le prix aux heures de pointes est doublé pour diminuer le nombre de personnes qui prennent le métro. Et aussi, que les lignes passent sur le rocher, à 60m de profondeur, et que la queue va du trottoir jusqu'au fond.

Passage Clouté... Photo credit: Hong Kong Tourist Association

Un autre exemple que j'aime beaucoup est le fait que les gens qui marchent sur le trottoir vont parfois passer à l'intérieur des grands magasins, sur des chemins assez larges (prévus) pour bénéficier de l'air conditionné qu'il y a à l'intérieur : ils entrent par une entrée et sortent par l'autre, et personne ne leur dit rien dans le magasin. C'est amusant de voir un flot de personnes qui n'a rien à faire des produits passer d'un bon pas au milieu des rayons.

Un dernier point est la traversée de rues aux carrefours, que l'on retrouve d'ailleurs aussi au Japon : imaginez que vous êtes sur un trottoir plein de monde qui attend pour traverser, rien de plus normal. Et il y a des gens sur plusieurs rangs... Alors, quand vous vous lancez au moment où le piéton devient vert, vous vous apercevez qu'il y a autant de monde à s'élancer en face ! Dur, car les chocs sont inévitables au début. Plus tard, avec l'habitude, on s'évite bien, mais c'est tout un langage de la rue spécifique à apprendre, différent du notre.

Retour en haut de page Les transports en commun

Entrée de Métro, Photo credit: Hong Kong Tourist AssociationLes transports individuels sont réservés aux riches, très riches, au point qu'ils peuvent se permettre de perdre des heures dans leur voiture (ou un taxi) dans les bouchons. Le taxi est aussi pour les sorties tard sur l'île, pour monter sur les hauteurs et surtout en redescendre. Le taxi n'est pas très cher.

A côté de cela, en journée, il y a le métro (Réseau de Transit de Masse ou "Mass Transit Railway"), en priorité, le bus et les tramways (à étages) pour circuler, et cela desservait bien les endroit où j'avais envie d'aller. Il y avait aussi le bateau trans-baie pour aller de la péninsule à l'île. C'était un petit voyage pas cher et très plaisant, au raz de l'eau. L'ensemble des transports en commun était soient pleins, soient pleins à craquer. Je ne me souviens pas d'horaire où il n'y avait personne.

Retour en haut de page Typhon

Pendant mon séjour, il y eu un typhon sur la ville. Quelques jours avant, on a été prévenus de son arrivée. On a mis les grues en drapeau et on est resté chez soi pendant son passage. Le résultat de ce typhon fut 2 morts en ville (seulement) et aussi 4 plongeurs professionnels qui n'ont pas eu le temps de sortir de leur caisson de décompression, situé sur une plate-forme en mer, la dite plate-forme s'étant retournée et ayant coulée. Un bilan malheureusement classique.

Pendant le typhon, il est interdit de circuler en ville, on doit rester chez soi. Mais malgré tout, c'est impressionnant. Du 11ième étage où j'étais (dans mon appartement) j'ai vu passer un arbre déraciné à l'horizontale... plus tard, j'ai vu les voitures retournées et l'eau dans les rues. Je comprends pourquoi ils mettent deux marches vers le haut à toute entrée de métro... c'est pour éviter que l'eau qui s'écoule dans ces cas dans les rues ne rentre dans ce métro !!!

Je comprends aussi pourquoi il y avait des barreaux aux fenêtres : ce n'était pas pour les voleurs (pas au 11ième) mais plutôt contre les troncs d'arbres (!!!). D'ailleurs, on avait scotché toutes nos fenêtres au cas où pour retenir les éclats. Il est très amusant dans ce cas, m'a-t-on dit, d'inviter des amis à faire la fête tant que dure l'interdiction de circuler... Cela s'appelle des "typhoon parties" et peut durer quelque temps.

Retour en haut de page L'USS Nimitz

Porte avions NimitzLes américains, de retour de la guerre du golfe, sont arrivés un soir sur la ville. Ce fut une expérience très intéressante de transformation d'une ville entière pour s'adapter à 20 000 personnes... fraîchement arrivées sur le porte avion Nimitz et toute sa flotte. En bref, la musique dans les bars changea, les femmes "normales" chinoises se sont planquées pour éviter les séances de drague forcées dans les boites de nuit (à laquelle j'ai pu assister... même sur des femmes au milieu d'un groupe d'hommes).

Il est sûr que ces soldats avaient une solde énorme à dépenser, accumulée pendant la guerre, et deux biceps à la place du cerveau, à faire de la musculation intensive sur leurs bateau à la place de toute autre activité. Heureusement, il y avait aussi leur police militaire qui calmait le jeu après quelques coups, car ils étaient partout, mais l'atmosphère n'était clairement plus l'atmosphère détendue à laquelle j'étais habituée.

Frégate de type Saratogua (il me semble)

Leur départ se produisit de la même façon que leur arrivée, i.e. sans prévenir, une nuit. J'ai appris que c'était assez classique, Hongkong étant sur la route entre les Etats-Unis et les mers d'Asie. Après le départ, l'atmosphère est redevenue calme et chinoise. Mais, pendant quelques temps, dans les rues, dans les transports en commun, en soirée, dans les bars, Hongkong a vécu à l'heure de la Country et des gros bras. J'ai découvert par la suite, au cours de mon service militaire, que la marine (l'armée) ne se réduit pas à cette attitude bourrine de certains... mais aussi que les bourrins sont ceux qu'on voit le plus et qui créent une réputation, comme partout (et ceux-là, donnant des coups, parlant fort, on les voyait bien).

Retour en haut de page Coups de feu dans le métro

Pour achever la description de l'atmosphère à Hongkong, imaginez-vous dans le métro, juste monté dans une des voitures. Il y a le monde habituel (i.e. plein de monde, du bruit, des odeurs)... et tout le monde se baisse sous le niveau des vitres. Que faites-vous ? Et bien moi, j'ai décidé de faire comme tout le monde, même sans expérience. Et là, j'ai vu des hommes courir, entendu des coups de feu... tout le monde était aussi allongé par terre sur le quai. Puis beaucoup de policiers, en uniforme kaki clair, armes à la main.

C'était en fait une poursuite de voleurs qui venaient de tuer un gardien de bijouterie (pourtant armé d'un fusil à pompe) et de voler cette même bijouterie (j'ai lu tout cela dans les journaux par la suite). Alors, les voleurs se sont engagés dans le tunnel devant mon métro, dont les portes étaient fermées. Les policiers sont alors montés dans la voiture de tête, et fait avancer le métro (où j'étais toujours) dans le tunnel, les portes de la voiture de tête étant ouvertes, leurs armes dépassant par les portières... On est allé jusqu'à la station d'après, mais ils ne les ont pas trouvés. Drôle d'expérience.

Une autre, que m'a racontée mon co-piaulé, s'est déroulé à partir des fenêtres du bureau, où des policiers sont montés avec des fusils. Ils ont visés des voleurs preneurs d'otages dans une boutique en bas. A ce qu'il paraît, à un moment donné, il y eu un signal, et ils ont tué les voleurs. Pas d'hésitation.

Tout cela montre la détermination des policiers, et leur tendance cow-boy dans cette ville (très différente de ce que je pouvais connaître à Cergy par exemple). Je n'ai jamais été inquiété par qui que ce soit en fait à Hongkong. Le seul banditisme est entre chinois (mafia) et aussi du grand banditisme (vols à main armée).

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Voyages et Environnement, le site de Philippe OssetCompteur

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