HONGKONG, Juillet à Septembre 1991

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Introduction (stage)

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Trepan sur le chantier, pour détruire les blocs résistantsLe "Bachy Solétanche Group" (BSG) était (en 1991) la réunion en Asie (à part la Thaïlande) de deux concurrents en France: Bachy et Solétanche. Ce sont deux entreprises de génie civil réalisant des travaux des sols : consolidation, étanchéification, percement etc. En Asie, à partir de Hongkong, ils ont réalisé une union pour être plus forts, par exemple face aux union d'Australiens et de Japonais (aujourd'hui, en 2000, ces deux compagnies sont unies partout dans le monde !).

Hongkong est une ville bâtie sur un terrain dont le fond (très profond) est du rocher, mais dont les couches superficielles sont un mélange de rochers (gros) et de terre, ou même de remblai déposé là à l'occasion des multiples opérations de récupération d'espace sur la mer. De plus, comme il y a la mer, le niveau de la nappe phréatique est juste sous le niveau du sol, entre 1 et 2 m. On a donc besoin de très bons techniciens des sols quand on veut construire à Hongkong, pour éviter que le bâtiment s'écroule !

Pourquoi ce stage ?

Grue sur le siteL'ECP obligeait à faire un stage à l'étranger au cours du cursus, d'au moins six semaines. Il y avait un stage "exécutant" de six semaines obligatoire en fin de première année, et un stage "ingénieur" de trois mois en fin de troisième. La première et la seconde année sont généralistes à l'ECP, mais pas la troisième, où je voulais faire génie civil. J'ai donc, au cours de ma seconde année, cherché un stage en génie civil, chez Solétanche notamment, à effectuer entre ma seconde et ma troisième année. Tout d'abord, ils m'ont proposé dans un pays du nord de l'Europe, et accepté ma participation. Plus tard, à un mois de partir, ils m'ont dit que cela n'était plus possible dans le nord de l'Europe (j'étais très déçu à ce moment) mais que cela le devenait en Asie, à Hongkong (là, j'étais aux anges !).

Je me suis retrouvé à Hongkong juste après mes cours, fin Juin, avec un autre stagiaire ESTP (qui allait travailler dans les bureaux, et avec qui j'ai partagé un appartement) et deux techniciens expatriés, Patrick et José, sur le chantier de Sham Shui Po, où j'étais, au nord de Kowloon. Mon travail consistait officiellement à assister l'ingénieur chantier (chinois), et je travaillait en collaboration avec le chef de chantier (chinois).

Le chantier

Le chantier du BSG avait pour objet de créer une paroi étanche sur le périmètre d'un site d'en gros 200 m de long sur 50 de large (si ma mémoire est bonne pour les dimensions). Cette paroi partait de la surface, et descendait à 60 mètres. Elle faisait 1.2 m d'épaisseur. Elle devait être parfaitement étanche (pour pouvoir excaver afin de réaliser un parking tout en évitant les remontées d'eau), nécessitant l'emploi d'un des outils les plus réputés de Solétanche, une hydrofraise.

HydrofraiseC'est un appareil de 20 mètres de haut porté par une grue mobile avec 4 roues mobiles de 1.2 mètres de diamètre et de 60 cm d'épaisseur, montées par deux avec des dents de diamant dessus, qui permettent de creuser droit (dans les deux directions : vertical et horizontal) dans n'importe quel sol, afin de réaliser, à 60 mètres (il fallait aller à cette profondeur sur le chantier pour atteindre le rocher, condition nécessaire pour être étanche car sinon l'eau passerait par dessous la paroi), moins de 4 cm d'écart par rapport à la verticale, condition elle aussi nécessaire pour éviter que la paroi étanche fuie en laissant passer l'eau entre deux morceaux de parois successifs.

Mon travail

Machine pour forer les micropieux, les piezomètres...Mon travail consistait à assurer un suivi journalier du fournisseur presque exclusif du chantier, un chinois très sympathique, mais très business, capable de livrer à prix compétitifs des bouteilles d'eau potable comme de la ferraille pour les armatures ou encore des appareils photos. Mon travail consistait aussi à réaliser les relevé des 18 piézomètres situés tout autours du chantier, dont certains à l'extérieur, et d'en assurer la synthèse afin de déterminer l'influence des travaux sur le niveau de la nappe. En effet, si on modifiait trop cette dernière, comme les bâtiments des environs étaient construits sans fondation posés sur une semelle de béton, alors il y avait des risques que, le sol se tassant à cause de la modification du niveau de la nappe, ces bâtiments des environs s'écroulent !

J'avais ainsi à vérifier les approvisionnements, à passer les commandes, à discuter avec le fournisseur. Ce dernier ensuite répartissait les commandes sur une pléthore de petits fournisseurs que je n'ai jamais vu. Tout cela se passait dans une cabane mobile de chantier, un vrai four en plein soleil que je partageait avec Patrick, le mécanicien de l'hydrofraise. L'air conditionné était impératif et, lorsqu'il s'arrêtait pour une raison où une autre, la température à l'intérieur dépassait 50°C en moins de 15 minutes ! On devait sortir...
Les relevés piézométriques étaient plus physiques. Je prenais mon piézo, et je faisais le tour de l'ensemble des piézomètres tout autour du chantier, et à l'extérieur, notant sur un papier les hauteurs d'eau. Le plus intéressant était l'accès aux piézomètres à l'extérieur du chantier, parfois sous l'étal d'un commerçant, ou une voiture mal garée... Cela m'a permis de nouer des contacts avec les locaux. Après cela, au bout d'une heure, je rentrai dans ma cabane, et faisais mon rapport. J'étais dégoulinant de sueur, et donc je retirai mon tee-shirt, en prenait un autre, et me mettait directement face à l'air cond., à fond, pour sécher et me refroidir.
Plus tard, une autre tâche qu'on m'attribua fut le suivi des feuilles d'heures des ouvriers sur le chantier, ainsi que d'autres tâches administratives. Cependant, comme nous étions 6 assistants de l'ingénieur (dont moi), il n'y avait pas des masses de travail à récupérer, ce dernier étant vraiment réparti sur tous.

Conclusion

Mes trois mois se passèrent ainsi, à regarder aussi l'avancement du chantier au milieu de la bentonite dégoulinant de partout. Je ne suis presque pas allé aux bureaux du BSG pendant cette période, excepté pur les formalités administratives de début et de fin de stage. Je commençais à travailler vers 8h00, et je finissais vers 18h30-19h00. Cela me faisait partir de mon appartement, situé sur l'île, vers 7h30, et j'y revenais, quand je rentrais directement, vers 19h30. J'évitais ainsi les "rush hours" des bureaux dans le métro. Ce fut un bon stage pratique d'apprentissage du travail sur chantier.

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